Tu viens de terminer ton premier cycle universitaire, la question t’a été posée. Pas encore ? Attends un peu, elle n’est pas loin, elle vient. Sous différents formes peut être, du genre: « nta bishasha? » « Uri mubiki? Uratunyoteje! » Ils n’attendront pas que tu aies un job. Ils ont dans la tête un schéma bien tracé : école primaire – école secondaire – université et/ou après mariage.

Que tu aies un job ou pas, ils s’en foutent. Ils vont toujours demander. T’as un job et tu « traînes » un tout petit peu vu tes plans ou principes? Aaah! Ça c’est la malédiction, il te faut une délivrance ! S’ils sont chrétiens, ils vont prier pour toi. D’autres encore vont te proposer de voir les marabouts…

Tu es dans une relation floue et pour cela tu ne veux pas te lancer dans le mariage? Tu viens de briser ta relation de façon plus que dramatique? Tu es sa reine adorée: vous vous aimez tels les personnages de Shakespeare mais il vous manque les moyens pour officialiser votre amour? Tu aimerais te marier mais tu n’as pas encore rencontré l’amour de ta vie? La question « à quand le mariage? » ne te se sera pas épargnée. Elle vient toujours sous différentes formes. Elle t’agace, te tracasse et te casse la tête.

Vous savez pourquoi j’écris sur ce sujet? Je discutais avec un ami la semaine dernière. Il vient juste d’avoir le bac. A ma grande surprise la question lui a déjà été posée. J’étais tellement surprise. Je pensais que cette bizarre et agaçante question n’était réservée qu’à nous autres «consommatrices», «profiteuses» qui irons bouffer les fruits des efforts de nos tendres maris. Le gars qui vient à peine de terminer le bac, est-il prêt à assurer et assumer les charges d’un ménage? Il n’a pas même un boulot permanent! Juste des petits « biraka ». Dans sa famille, on le voit partir chaque matin. Parfois il part sans savoir où il va parce qu’il ne veut pas passer toute la journée allongée dans son lit à compter les carreaux du plafond. Mais la question, « mbe ndagorora ikoti? » est déjà là.

Ce qui est étonnant c’est que la plupart des gens qui te posent cette question sont tes amis, les membres de ta famille ou du moins tes proches. Des personnes qui t’aiment et qui sont censées se réjouir de tes succès mais à cause de la tradition, ils te forcent à faire de mauvais choix. Consciemment ou inconsciemment, ils le font.

Nombreux sont ceux qui subissent toutes sortes de critiques, insultes et compassions inutiles de la part des collègues, amis et parentés… qui voient en ce « retard » une sorte de malédiction. Chez les hommes on tolère encore un peu, mais chez les filles…! D’où beaucoup de femmes qui sont forcées à faire de mauvais choix en acceptant des hommes qu’elles n’aiment pas sans toutefois attendre les amours de leurs vies. Principes? Ce mot n’existe plus chez elles. Elles veulent fuir les pressions sociales, la discrimination…

Mon point de vue?

Le mariage est un grand pas dans la vie d’une personne. C’est pourquoi il devrait être bien préparé. Et comme l’a dit un chanteur: « ukwubaka si ikintu coroshe ». Les pressions sociales auxquelles la plupart des jeunes finissent par céder devraient être découragées. Comme il y’a des enfants qui marchent à 9 mois et d’autres qui attendent jusqu’à une année ou plus, il ne faut pas t’inquiéter! Tu te marieras quand tu seras prêt(e). Il n’y a pas de trajectoire bien définie. Tu dois d’abord te sentir prêt(e) à affronter les défis. Et si tu cèdes aux pressions sociales, n’est-ce pas que tu vas devoir forcer ta relation pour n’aboutir qu’à un mariage échec qui te coûtera toute ta vie? Oui peut-être que tes amis et tes proches te le demandent par amour; ils veulent que l’être qui leur est cher fasse un pas vers l’avant… Mais assures-toi d’avoir bien réfléchi avant de prendre la décision. Le mariage ne se résume pas au port de la robe blanche. Il ne se résume pas aux splendides sourires du jour de mariage. Il ne s’arrête pas aux jolies pauses du jour J… il est bien plus que ça! C’est un cheminement long pour les uns mais court pour les autres, heureux pour ceux qui ont patienté mais malheureux pour les impatients. Une belle aventure pour les uns et un vrai enfer pour les autres… A toi de choisir.

Remember, ceux qui te pressent ne seront pas toujours là. Tu seras toi, toi et toi seul à affronter le défi.

Par Bella Lucia Nininahazwe. Visitez son blog : https://laburundaiseblog.wordpress.com/