Il y a quelques temps, j’ai eu une discussion avec une de mes très chères amies… Le sujet? Je vous le donne en mille… Vous ne voyez pas? Le mariage voyons! Bah oui, c’est LE sujet quoi! Genre c’est quasiment impossible de tenir une heure ou deux de conversation avec quelqu’un, qui qu’il soit, sans en venir à ce sujet! Umenga ntabindi dufise tuvuga? Et, étant une femme, adulte, qui travaille, et célibataire de surcroit, umenga abantu bari obligés de toujours en venir à CE sujet précis! Pfff!

En poursuivant la discussion avec mon amie, qui soit dit en passant avait essayé de me brancher avec quelqu’un (murabibona namwe), elle me dit un truc qui résonne encore dans ma petite tête: “erega wewe baragutinya!” I’m like, what?! Seriously?! Why?! Je ressemble à Voldemort ou quoi?! Ah non, peut-être au JOKER? Mouais!
Plus tard, elle m’explique que ça n’a rien à voir avec mon physique. Non? C’est rassurant, Ouf! “C’est juste que usa nk’uwukara. Umenga urugaye.” De mieux en mieux! Et en kirundi facile ça donne quoi? Pas de réponse.

Mais après notre discussion, j’ai vraiment essayé de comprendre, de percer ce mystère yo “gukara” kwanje. Ceux qui me connaissent bien savent que je suis plutôt sympa, rigolote même! Alors pour moi, quand on me dit ngo umenga nsa n’umuntu “akara” ou “yugaye”, je ne comprends pas vraiment. Mais bon… soit!

Voici ce que j’ai fini par comprendre… enfin je crois.

Premièrement, je fais partie de cette catégorie de femmes qui savent ce qu’elles veulent dans la vie, et qui se sont fixé des standards, des principes. Du coup, je n’autorise pas à n’importe qui à entrer dans ma vie. Par expérience, beaucoup y sont entrés pour y faire du n’importe quoi alors… excusez-moi d’être prudente!
Résultat, beaucoup vont me juger en pensant que je suis du genre snob. Non, je suis juste réservée et prudente!

Deuxièmement, je suis ce que nous appelons communément “umukizwa”. Donc, souvent les gens pensent que je parle de Jésus du matin au soir! Non mais?! Et donc que je ne dois pas être très drôle. C’est marrant parce que souvent mes amis me disent que j’ai un petit grain, que je suis “fofolle”. Mais là aussi, c’est une partie de moi que je n’autorise pas n’importe qui à voir.

Troisièmement, comme je le disais plus haut, je travaille, et grâce à Dieu j’ai pu m’acheter une voiture. Je m’assume quoi. (J’entends déjà des “Doux Jésus!”). Et ça, on dirait que c’est le genre de situation qui suffit pour faire de toi une sorte de Princesse Raiponce des temps modernes inaccessible dans sa haute tour de pierres. Je dis ça parce qu’un jour un ami m’a sorti “tu sais maintenant que tu as une voiture, les gars vont avoir peur de toi!”. Really?! Donc faudrait que je fasse la malheureuse, désespérée, que je marche une heure pour aller travailler, alors que je peux me l’offrir cette voiture, juste pour qu’un homme s’intéresse à moi?! Euh… Non! Non, non et non! “Oui mais la plupart vont avoir peur que tu sois le genre de femme dominante, yiganza murugo quoi!” Oookay! Bon j’aimerais bien rencontrer la personne qui a fait cette étude sur les femmes indépendantes, et qui a tiré comme conclusion qu’une fois en ménage, c’est elles qui portent la culotte! C’est juste du n’importe quoi, encore une fois! Cela n’a rien à voir!

Il y’a deux citations que j’aime bien: “A strong man can handle a strong woman. A weak man will say she has an attitude” et “Of course I’m not worried about intimidating men. The type of men who will be intimidated by me is exactly the type of man I have no interest in” (Chimamanda Ngozi Adichie).
Je crois que ça résume tout!
Si un homme n’a pas assez de courage pour gratter cette carapace jusqu’à voir ce qui se cache à l’intérieur, eh bien je ne serai pas celle qui le fera pour lui, et bien de femmes pensent comme moi! Cela veut tout simplement dire qu’il n’est pas prêt à faire ce qu’il faut pour m’atteindre, qu’il reste sur ses préjugés et qu’il n’est tout simplement pas l’homme qu’il me faut, ou qu’il faut à ce genre de femme. Il faut apprendre à connaître les gens et à creuser plus en profondeur. Pour ça il faut pouvoir gagner la confiance de cette personne et je ne crois pas que cette confiance se gagne avec un simple “salut, ça va?”

Des fois je me demande, do we have to lower our standards just to get the ring?! Sérieusement les gars, vous épouseriez une fille qui n’a aucun principe dans la vie, qui dit oui à tout, sans la moindre résistance? Je ne dis pas que nous devons être “les poupées qui disent non non non” de Polnareff, mais bon, quand même! Par contre je sais bien qu’une fois dans une relation, parfois on fait des compromis, et c’est normal.

Donc messieurs, si ce genre de femmes vous font “peur”, elles ne sont pas faites pour vous… ou vous n’êtes pas faites pour elles! Et si ça ne colle pas, n’allez pas raconter partout ngo “arakara”, “arishima”, etc. Si rwawe, c’est tout! Si vous les voulez, arrêtez d’avoir peur d’un non!  Quand vous voulez désespérément un travail, vous postulez même si vous savez que la réponse peut être négative. Qui ne tente rien n’a rien pardi! Qui sait? Un premier non peut se transformer en un oui pour la vie… tout comme ça peut être le début d’une belle amitié tout simplement.

A bon entendeur…

“It’s better to be single with high standards than in a relationship settling for less”

Par une femme Indépendante qui vit et travaille à Bujumbura.

(Photo par Chris Schwagga et Nelson Niyakire)