Par Inashaka

Dans le tram comme tous les matins, je vais au bureau et malgré le fait qu’à mon réveil j’ai gueulé comme tous les matins, je me surprend et me dis que la vie vaut quand même la peine d’être vécue. Que même si, au petit matin, on a aucune envie de sortir de son lit, c’est souvent le premier pas qui est le plus dur et qu’il y a tellement de belles choses à voir dehors. Bon, ok ceci dépend peut-être de là où tu vis aussi, mais une simple marche au bord de l’eau, le soleil qui se lève, le ciel bleu, l’air frais du petit matin, et, important, le café du matin! Ah le café… bref, toutes ces petites choses de la vie que l’on rate parfois parce qu’on passe tout notre temps à se plaindre des choses qui ne vont pas, de la trop grande chaleur/du froid, de s’être pris la flotte en rentrant… haha.

Je suis comme tout le monde, je me plains aussi tout le temps mais des fois je me trouve tellement ridicule que je relativise et décide de profiter de ce que la vie me donne. Je me suis toujours considérée comme quelqu’un de très chanceux! J’ai eu une enfance facile, des parents adorables, une famille sans trop d’histoires, rien à dire. Enfant, j’étais super consciencieuse… mais ça c’était avant, hein 🙁 )…

Pour la petite histoire, un de mes potes de maternelle m’a raconté récemment que j’étais tellement carré dans ce que je faisais que dans mes coloriages, je ne dépassais jamais! Ndagira uyo muntu iyo yagiye basha! LOL… un peu comme dans “Les blonds” de Gad, ewe yemwe… mais bon je ne vous cacherai pas qu’en grandissant j’ai perdu de cette chère “conscieucieusité” (invention pure vous l’aurez remarqué), je pense que je suis même devenue la pire des “procrastines” mais bon cela n’est pas le sujet.

Bref, enfance joyeuse, chouchou et cadette de la famille, jamais eu trop de problèmes avec mes études, je faisais toujours partie des “cool kids” en général 😉 et même si on ne roulait pas sur l’or, on va dire que la vie était confortable. Voila donc, vie quasi parfaite que des fois en écoutant mes amis parler, je me demandais ce que j’avais fais pour mériter la paisible vie que j’avais. Croyante, je remerciais souvent le ciel jusqu’au jour où par un coup de téléphone j’appris la mort d’un de mes parents… Coup de téléphone inattendu, sans un au revoir, en moins de temps qu’il ne faut, j’étais orpheline… Vous connaissez surement le truc du “Me: my life is perfect, Life: wait a minute … “ yeah je pense que c’est ce qui m’est arrivé.

Lol, aujourd’hui je suis capable d’en rire avec le recul. Ça a été un long chemin et chaque matin c’est toujours un choix à faire: est ce que uyu munsi je vais m’apitoyer sur mon sort ou je vais me lever et exprimer ma gratitude parce qu’il y’a tellement de belles choses que je ne mérite pas Imana ibandanya gukora dans ma vie? Est ce que je vais me lever et aller faire ce que umuvyeyi wanje yifuje ko nokora canke je vais laisser cette douleur décider de ce que sera le reste de ma vie? Les moments où je m’effondre zirahari… c’est très récent et je pense qu’on ne s’en remet vraiment jamais, mais là n’est pas la question. Il faut kwiga guhaguruka après un choc, ukabandanya ukabaho. Ntivyama vyoroshe! Après ishavu nagiriye Imana, nahavuye nigarura, nivyo vyampaye amahoro, c’est ce qui m’a apaisé et m’a permis de continuer. A chacun sa méthode mais ma relation avec Dieu a été mon refuge.

Tout ceci pour vous dire que, on vit tous avec des handicaps, des insécurités, des pertes, des malheurs, mais la vie continue avec ou sans nous. C’est à toute personne de choisir ce que sera sa vie, it’s up to you to choose, de prendre le meilleur de chaque chose. Il y a toujours 2 côtés: tu peux te plaindre d’avoir perdu un parent ou être reconnaissant que usigaranye n’umwe, tu peux aussi décider de profiter des souvenirs des moments que tu as partagés avec la personne yigiriye kuko hari abatigeze bamenya ico arico kuronka umuvyeyi agukunda. Il faut chercher the bright side of life… des fois ça demande de creuser beaucoup mais je pense qu’il y en a toujours un. Je pourrais parler ainsi pendant des heures mais je pense que mwatahuye mon propos.

Today I’ve learned that nothing is for granted, ubuzima c’est de la poussière, uyumunsi urafata indege ngo ugiye muri vacances, crash ngo nimutahe bikaba bihezeEnjoy life, do good, love, laugh, and be thankful… Tant qu’à la vivre, apprécions cette vie. Et, croyez moi, il y a tellement de choses à apprécier! A vous de voir.

So, voila comme diraient les anglais, this was just another burundian life story!

(Photo par Chris Schwagga)

Inashaka vit et travaille en France

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