Par Marie Lionnelle Nindwanira

J’ai une petite réflexion à partager avec vous. Pour commencer, je suis de nationalité burundaise et j’en suis vraiment très fière! Notre pays est classé parmi les plus pauvres mais je suis toujours convaincue que nous sommes riches de cœur! La plupart d’entre nous mènent des vies pas très aisées, mais nous gardons tout au fond de nous une lueur de joie, le goût à la vie qu’un jeune qui reçoit comme cadeau d’anniversaire une Ferrari à ses 16 ans n’a pas! Bref, nous sommes le peuple que Dieu a choisi! lol. Pour moi, c’est l’éducation qui est à la base de tout. L’éducation, pour un peuple est comme le sang pour le corps humain. “L’éducation est le bien suprême, le patrimoine commun auquel toute personne a droit inconditionnellement”, disait Yves Emmanuel Dogbe dans son livre “La crise de l’éducation”.

En général, nos parents nous ont inculqué le minimum et la société nous a guidé. Si nous avons telle ou telle valeur morale c’est grâce à l’environnement dans lequel nous avons évolué. Un prof venant de la Californie nous a avoué que la première fois qu’elle est venue au Burundi, elle a été prise d’émotions et est tombée en larmes parce qu’elle ne se disait pas que quelque part dans le monde, il y aurait des personnes si hospitalières. Le seul fait de se serrer les mains, s’accorder un peu de temps pour discuter avec quelqu’un, même s’il s’agit d’un étranger lui a fait chaud au coeur. Chez elle c’est comme s’il n’y avait pas de différence entre un homme et un robot! C’est elle qui l’a dit pas moi! lol.

Entre temps, le but de cet article n’était pas de vanter les burundais même si je m’attarde sur ça… Avez-vous déjà assisté à un mariage forcé? Non? La plupart d’entre vous ont déjà assisté à ce genre de mariage sans le savoir je vous le dis! C’est de ça que j’aimerais parler en fait (vous l’aviez peut-être deviné en lisant le titre)…

Une jeune fille sort avec un gentleman“umwana wo kwa naka” puis par mégarde, la fille tombe enceinte alors qu’ils se connaissent à peine. Deux mois, trois mois,… La fille décide de l’avouer à sa maman. La maman, hors d’elle: “Comment as-tu pu faire une chose pareille?! Tu viens de salir notre famille! Sale gosse!” Vous voyez le genre d’insultes? “Uramaramaje sha, urankuye mu bandi bavyeyi…” (Et pourtant, si on essaie de comparer la date de mariage de ses parents à la date de naissance de leur premier enfant, on réalise qu’il n’y a qu’un écart de 2 mois… Ceci pour vous dire que le monde n’a jamais changé!)… Les deux familles se consultent et décident de prendre la situation en main. Vous connaissez la suite? Mariage y’agakura… Pas mal d’invités kubera ni abana bo mu giti! Tout le monde veut un mariage pareil… Mais ils ne savent pas le revers de la médaille; parce qu’en fait, le mariage c’est lundi; après les festivités du weekend, les rigolades, les séances photo,… Oui! Lundi matin, seul dans ce salon, sans les parents, les frères et soeurs, les amis,… le jeune couple encore immature, pire encore, contraint de se marier, ne respectera pas les voeux prononcés le jour de leur union pour rien au monde. Vous savez pourquoi? Ils se sont mariés par force! Par peur d’écœurer leurs parents. Et eux, ils ont toujours raison iyo udashaka kuronka imivumo! Bon sang, ça j’y crois pas! Surtout pas dans ce genre de contexte! Parce que pour eux, l’honneur de la famille compte plus que tout! Imaginez ce qui va se passer pour les futures générations, atagihanura ikindi! Nos parents doivent prendre de bonnes décisions et voir au delà de ce qu’ils appellent honneur, car sinon ça sera mettre en danger la vie de leur enfants, jadis bouts de chou…

Marie Lionnelle vit et travaille à Bujumbura

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