Une femme …

Mawe: “abo bahungu muguma mwishinga!…”

Jewe: “None ga mama, papa mwamenyanye gute wibaza?”

Aho naca nrya ikinuma ngo nta ndero ngira…

Ma mère, comme toutes les mamans je suppose, m’a souvent dit de ne pas faire confiance aux garçons… je n’ai jamais su pourquoi exactement et mon éducation à la burundaise ne m’a pas permis de trop demander – hari ama story y’abakuze atakuraba wewe c’est tout!

J’ai grandi en fille modèle, qui ne déçoit jamais, qui a de bons résultats en classe, ne rentre jamais tard à la maison, n’élève jamais la voix jusqu’à ce que je commence à être attirée par le sexe opposé.

Tout a commencé en troisième secondaire, son nom était (oya sinosesa!) F, il n’était pas vraiment mon genre mais l’adolescente que j’étais se posait des questions du genre pourquoi est-ce que toutes ces filles sont avec quelqu’un et pas moi? Suis-je normale? Puis de toutes façons c’était juste pour voir quel effet ça faisait, non pas d’être aimée, mais de sortir avec quelqu’un… d’avoir de l’attention en quelque sorte. Quand j’y pense j’en ris puisque au fur et à mesure que je grandissais, ma façon de percevoir notre relation changeait avec le temps. La télé, internet, les livres ne m’ont pas aidé puisque du simple bisou sur la joue, nous sommes passés à celui sur les lèvres pour finalement arriver au fameux baiser des films hollywoodiens (Mais pas plus!! Le temps de l’innocence…) tout cela n’a eu pour conséquence que de me faire oublier mes études. J’étais maintenant dans un autre monde où le corps avait pris le dessus. De 5ème de classe à 20ème, il y’avait de quoi s’alarmer! Mes parents se sont demandé ce qui se passait, je leur expliquais que les autres élèves faisaient des cours du soir et pas moi (mensonges!). Et pourtant tous mes après-midi je les passais à flâner dans mon quartier, chez mon “copain”, partout sauf devant mes notes.

Après une année avec lui, comme toute adolescente qui se respecte je l’ai quitté, j’étais fatiguée, j’en avais appris assez de lui, il fallait passer au suivant (Adolescence) mais j’en avais marre, j’avais moi même réalisé à quel point ce n’était pas pour moi les relations trop corps à corps…

Et c’était parti pour deux ans de célibat! Sans trop me forcer et j’étais très bien comme ça. Il faut dire aussi que j’étais en 1ère,  je n’avais donc pas trop le temps d’y penser. Mais voilà; mon diplôme en poche, je commence l’université, je quitte le cocon familial, je suis, du moins c’est ce que je pensais, une grande fille. Les études passaient en premier et j’ai fais la connaissance de M… qu’il était beau! Il était pile-poil ce que je voulais pour ne pas dire qu’il était trop parfait, et jusqu’à maintenant je me le dis toujours. Ma première relation amoureuse m’avait permis de voir que je n’étais pas faite pour les relations trop physiques. L’amour pour moi n’est pas une start-up (no talk, act), c’est le contraire. Avec M, j’ai expérimenté un autre type d’amour, une sorte de connexion naturelle où nos pensées se mêlaient, où le dialogue commençait sans paroles, sans rien, naturellement. Au fur du temps, nous nous sommes découverts des points communs mais aussi des différences qui nous ont mûris. Il est devenu mon meilleur ami avant toute chose. Le hic dans tout est que l’on n’était pas dans un même pays et l’été 2012 a été l’année de notre rencontre (enfin!). Après 1 année de “on verra” ça s’est finalement concrétisé, nos amis nous demandaient comment ça avait commencé car eux aussi ne comprenaient pas. Il était mon ami donc je n’avais pas peur de la distance. Mais voila, l’été il fait chaud, surtout pour de jeunes étudiants comme nous fraîchement venus de l’étranger rien que pour des vacances. L’heure était venue pour moi de connaître l’autre face du monde et j’ai perdu ma virginité cette année là (NNG! Sinari kwibaza ko ibi novyanditse, mugabo ntegerezwa). La jeune fille sage redevenait démon (nari ngeze muri za “elle a repris!”) mais bon j’étais confiante et aucun regret là dessus.

Comme toute chose a une fin, l’été se terminait, il était temps de nous dire au revoir mais un au revoir difficile puisque l’avenir ne nous promettait rien. Il me promit qu’il viendrait me voir dans mon pays et en bon gentleman qu’il est, il a tenu sa promesse, puisque à la Saint-Valentin on était ensemble (Yeah he is the best!). 2 semaines inoubliables, inoubliables dans le sens où la chair a pris le dessus, où je n’étais plus wa mukobwa w’indero.

Il y a une chose que je ne savais pas à propos du sexe (les tabous de nos mamans mwozishobora?!) c’est que l’on peut en devenir accro (ntimutangare, ivyo kandi namwe murabizi, bamwebamwe). Et donc, j’en reviens à mes moutons, nous sommes en Mars 2013, nous sommes ensemble, plus heureux que jamais, poursuivons notre cursus universitaire avec succès, nous avons des projets, un peu vagues certes mais nous nous permettons de rêver à un avenir prometteur. Mais un an plus tard, la réalité me retombe au visage, je commence à douter, non pas de notre amour mais de la faisabilité d’un tel rêve moi qui ne suis pas un grand fan du dialogue, je ne dis rien et j’observe. Ma nouvelle passion, mon envie d’apprendre davantage sur cette chose qu’est le s…, ainsi que la distance faisaient que la patience me manquait. Je n’aurais jamais pensé qu’un jour j’arriverais à faire ce que j’ai fait mais c’est arrivé… Un an après qu’il soit rentré, un garçon arrive et me dit: “Rien qu’une fois” et moi sans trop réfléchir je laisse faire. Je n’oublierai jamais ce jour, le jour où j’ai perdu toute ma dignité, le jour où j’ai vu à quel point j’étais faible. Je me suis déçue moi-même, ceux qui me faisaient confiance et que je trahissais par un oui que je regrette encore aujourd’hui…

Ce jour-là je rentre chez moi avec une envie de dire cela à M mais les mots ne sortent pas, je tremble et commence à inventer des choses, je mens tout simplement, je m’enfonce! Quand je réussis finalement à lui dire c’est trop tard, le flot de mensonges s’accumule et je perd tout… C’était la fin d’une belle histoire.

Je vous partage ceci parce que je veux que vous voyiez que le burundais vit, pleure, danse, chante comme dans les films parfois. J’ai vécu un vrai conte de fée durant 3 ans qui s’est terminé en cauchemar. Je n’ose pas parler franchement de ce que j’ai fait sauf par le biais d’internet où personne ne me reconnaît, parce que la fille burundaise ne fait pas cela, la fille burundaise a des valeurs louables; elle vit, pleure, chante et danse à la burundaise, non pas comme à Hollywood. Pour les jeunes filles qui me lisent n’oubliez pas vos valeurs… Nos mamans ne nous le disent pas clairement mais le dialogue est important, la nouvelle mode des mères-filles ne vient que de ces non-dits alors que nous devons toutes choisir quel genre de modèle nous voulons suivre car sans modèle réel, l’adolescente ne fait que se chercher indéfiniment et avec un peu de chance elle ne se perdra pas sinon…

A bon entendeur…

 

D…

Je veux que tu saches

Que tu pourras toujours compter

Sur les promesses du passé

Et sur mon amour pour l’éternité

Inutile de te demander si je serais fidèle

Aujourd’hui et pour l’éternité

 

Pour M…

(Source de l’image: amourdesms.com)