Une femme …

A lire le titre, on pourrait croire qu’”avant que ça ne m’arrive” j’étais désespérée. Mais c’est bien plus que ça. J’avais dépassé  le stade de désespoir, nari nabivuyemwo. Mais comme notre société est ce qu’elle est,  il n’y avait aucun moyen pour moi d’envisager vivre seule et espérer adopter deux enfants quand ma situation financière allait me le permettre (façon de parler). D’où l’ultime effort de donner plus facilement la chance aux garçons ataco babaye cane.

Par l’intermédiaire de la sœur d’une grande amie à moi, un homme a commencé à m’écrire. Il écrivait assez bien kirundi et français. Ses textos n’étaient pas remplis de fautes d’orthographe et il était cohérent dans son discours… Cela m’a bien entendu conforté dans mon souhait de lui accorder une chance. Quelques jours après, j’ai insisté pour qu’on se voit: sms d’accord mais vis-à-vis d’abord.

Surprise: il est venu me prendre chez moi, non seulement avec beaucoup de retard mais aussi il avait bu un verre de trop (mu mvugo mbabarira matwi).

Dépassée par cet événement, j’ai décidé de bien m’amuser ce soir là pour éviter de penser à ce qui m’arrivait. Et la soirée s’est effectivement bien passée. Mais n’empêche que l’on ne me l’avait jamais faite celle là! Premier rendez-vous avec un homme sous pression!

On m’avait souvent dit que l’alcool est le faible de beaucoup mais je ne m’étais jamais imaginé ce que ça pouvait donner en vrai.

De toutes les façons, je n’allais pas l’éliminer rien que pour “ce petit incident”. J’ai donc continué à voir ce jeune homme, avec plus ou moins d’intérêt. Je voulais vérifier s’il avait des qualités qui arriveraient à me faire oublier notre première rencontre. Et malheureusement, après 4 rendez-vous et beaucoup de sms je n’ai pas pu accrocher. Spontanément, l’évidence s’est révélée à moi: “ce n’est pas l’homme que j’attendais”.

Je le lui ai fait comprendre un soir, quand j’ai senti qu’il voulait qu’on parle “de nous”. Je me suis excusée de m’être prêtée au jeu durant presque un mois. Il a compris que j’avais vraiment la volonté de lui accorder une chance (d’autant plus que c’est une personne de confiance qui nous avait mis en contact) mais que, ça n’a pas marché. Côté compréhension et ouverture d’esprit, je dois avouer qu’il est doué.

Sans regrets, mais plus déterminée que jamais à accorder une chance à qui s’intéressera à moi sans toutefois accepter un homme par défaut… J’ai tourné la page.

Dès que cette dernière a rejoint le tas de pages que j’ai déjà parcourues, j’en ai découvert une nouvelle. Sur cette nouvelle page commençait une histoire, et j’espère qu’elle durera jusqu’à la fin du bouquin. Oui, finalement, ça m’est arrivé…

Tout a commencé par son – un très simple ami– invitation au restaurant. Depuis, j’ai su qu’il allait devenir mon amoureux .

C’est la toute première fois que je suis dans une relation saine. Cela me donne une folle envie de me surpasser, parce que je suis consciente que je suis en couple avec celui que j’attendais. Et c’est aussi la première fois que famille, amis et moi-même nous accordons sur mon choix. Avant, je défendais les dossiers de certains devant ceux qui m’aiment en n’étant pas convaincue moi-même. Mais aujourd’hui, les faits parlent d’eux même, je n’ai même pas besoin de m’expliquer longtemps.

Je me sens bien, je vis avec ce sentiment que quelque chose de grand m’est arrivé. Et  ma seule envie est que nous puissions continuer à vivre notre histoire paisiblement comme maintenant.

Morale de l’histoire: ne jamais forcer une relation. Quand vous sentirez que ce n’est pas la personne que vous attendiez, laissez la partir. Parce que, c’est le respect de nos sentiments et de notre conscience qui, je pense, nous conduit au meilleur que nous méritons.