Une femme …

Vous êtes-vous déjà rendu compte combien quand on aime on déborde d’imagination et d’audace ?  L’actualité aidant, je pense directement  à un certain français, socialiste, originaire de Rouen …#IgisumanIgifashwe. Quand je repense au combat contre moi-même que j’ai mené quand j’étais sous le charme de monsieur, je ne peux qu’affirmer que le sentiment amoureux, quand il est encore tout frais, est comme une drogue, il faut s’en méfier.. #ThisIsTheEndOfTheStoryAboutLesEponges.  Je l’avais promis, je le fais: je vais vous raconter comment je m’en suis sortie.

D’abord une petite anecdote qui date de quelques années…  Je me rappelle de ce rendez-vous différent des  premiers rendez-vous à la burundaise que j’ai connu où il arrive de parler de tout sauf de l’essentiel #MaisçaCétaitAvant. Il est arrivé un moment (après avoir parler de météo) où on a ouvert le sujet: “voyons si on voit les choses de la même façon”. A ce niveau de la discution, on parle généralement de  passions,  du genre de sorties qu’on aime, etc. En discutant monsieur m’a demandé à quand remontait ma dernière relation. Je lui ai répondu avant de lui renvoyer la question… Il m’a dit cash que pour lui, ça faisait  3 mois #!!!! Et il a rajouté que selon lui, “quand on tombe du cheval, il faut remonter tout de suite au risque de perdre la main”.

Contrairement à lui, je fais partie des personnes qui prennent tout leur temps pour  se remettre d’une blessure ou d’un chagrin. Depuis que j’ai réalisé que cupidon avait encore fait une bourde avec son arc à fléchette, j’ai pris énormément de temps pour m’en remettre. Comment ? C’est l’objet de ce petit article. Mais comme vous vous en doutez, il n’y a pas de remède “à la burundaise” qui fonctionne à tous les coups. Mais au moins, qui sait, ceci pourrait mettre sur une bonne piste certain(e)s parmi vous.

Pour ma part, la musique m’a beaucoup aidé. Je prenais de plus en plus de temps pour être seule, et me demander pourquoi tout cela finissait aussi mal. Je me mettais régulièrement face à la réalité : il ne veut pas de moi parce que soit je m’y suis mal prise (je m’en voulais donc), soit parce que je n’ai pas certaines caractéristiques qu’il recherche (j’en voulais à la nature),… ou tout simplement parce qu’il en aimait une autre (j’en voulais à cupidon) ou pourquoi pas parce qu’il a conscience que je suis un peu trop bien pour lui #lol (là aussi j’en voulais à cupidon). Evidemment, comme je n’ai eu droit à aucune explication ou aveux, j’ai privilégié la dernière modalité. Je me le suis répété mille et une fois. J’ai pris du temps pour me le dire quoi ! Avec la musique ça passait plus doucement. Au début j’écoutais plus des chansons à l’eau de rose, mais à un moment j’ai arrêté pour écouter des chansons de “bravoure” nk’uwuri ku rugamba nyene. Ne me demandez pas la playlist, j’en n’ai malheureusement pas constitué une.

Une autre chose qui m’a fort aidé c’est que j’ai la chance d’avoir des personnes à qui me confier. J’ai mis de côté mon égo et me suis confiée à eux pour demander conseil et pour être écouté… Elles m’ont beaucoup aidé à mettre les mots sur la situation, et m’ont aidé à ne pas tout prendre sur moi.

Ensuite, j’ai eu la chance  de penser à faire référence à mon expérience personnel: ce n’était pas la première fois que je vivais des situations douloureuses où je croyais que je n’allais pas m’en sortir, et pourtant je m’en suis toujours sorti, par la grâce de Dieu. J’ai donc osé penser que j’allais m’en sortir encore une fois. Peu importe le temps que ça allait prendre (je savais que ça allait être long), j’étais confiante que j’allais m’en sortir… Résultat : j’ai eu raison de me faire confiance parce qu’effectivement je m’en suis sortie.

Enfin, j’ai beaucoup lu et regardé des vidéos sur le développement personnel.

Ne vous y trompez pas, à un moment j’ai eu honte d’apprécier autant un homme et de le lui montrer. Notez que même dans les sociétés plus “ouvertes” d’esprit que la société burundaise, une fille éprise et qui engage quelque chose est vu d’un certain œil, imaginez la peur du rejet et du dégoût que j’ai eu peur de provoquer. Mais tout est bien qui finit bien. Dans cette expérience j’ai appris beaucoup sur moi-même et sur les autres. J’ai aussi eu l’occasion de voir mon monde s’écrouler pour la première fois, et vivre en “pleine conscience” la souffrance qui en émane. Je n’ai pas eu ce que je voulais, mais je me suis  à la fois amusée et brûlée les ailes, chose qui ne déplaît pas l’aventurière qui est en moi.

Pour vraiment boucler la boucle, ne dit-t-on pas que “ijambo rigukunze rikuguma mu nda”? A celles qui voudront mon avis, je leur conseillerai de garder secret leur amour pour un garçon, aussi longtemps qu’elles le pourront. Mais, bien évidemment… aux grands maux, les grands remèdes… Quand elles ne se sentiront plus capable de garder le secret, je leur dirai, malgré moi, d’essayer avant de jeter l’éponge. Après tout, il faut expérimenter prudemment la vie.

(Photo par Aristide Muco)