Par IV

Qu’il est beau de célébrer une femme! En tant que burundaise, laissez-moi rendre hommage à la femme burundaise à travers ces quelques lignes. Quand je lis son histoire, son évolution, ses combats et sa vie, je n’ai qu’une seule envie : La louer!!

Nos ancêtres, grand-mères et mères avaient une chose en commun ; l’amour! Elles avaient en elles la plus grande puissance qui soit qu’est l’amour et ceci leur procurait tout ce dont elles pouvaient avoir besoin dans leur vie. Tenez, elles se donnaient et partageaient sans compter ce qu’elles ont, ce qui leur donnait des amis et de la famille qui les aimaient en retour (ce qui est la plus grande des richesses). Elles aimaient sans autre arrière pensée et c’est ainsi qu’elles développaient en elles des valeurs comme le respect, l’ honneur, l’éducation, l’honnêteté et attiraient vers elles la prospérité. C’est ainsi qu’étant pauvres, elles élevaient des orphelins et nourrissaient les pauvres sans aucun problème. Leur amour inconditionnel pour leurs maris faisait qu’elles se soumettaient, honoraient et pouvaient respecter toute leur vie leurs maris , quoi qu’il arrivait elles restaient pour élever tous les enfants avec amour et dans une agréable atmosphère. Elles savaient qu’après tout, si ce n’étaient qu’elles, personne d’autre n’allait prendre soin convenablement de leurs maris. Elles savaient que, après tout, leurs maris, aussi fautifs qu’ils pouvaient être, avaient besoin d’être aimés inconditionnellement.

Elles avaient en elles le sens de la famille et se battaient pour elle avec tout leur amour. La force de cet amour permettait à ces braves femmes d’éduquer leurs enfants avec amour et dans de bonnes conditions morales. C’est ainsi que l’honneur des foyers anciens, l’éducation incroyable du Burundi passé et l’évolution/développement de la société burundaise, je les attribue aux femmes de cette époque. Certes elles étaient beaucoup discriminées, elles ne dirigeaient pas mais elles exerçaient en tout honneur leurs fonctions; on peut se demander jusqu’où seraient allés ces dirigeants sans l’aide de braves femmes disposées et disponibles pour s’occuper d’eux  jusqu’au moindre détail?… ces enfants dont l’éducation et le respect d’autrui servent d’exemple jusqu’aujourd’hui, de qui tenaient-ils tout ça?

Elles avaient le cœur au bout des doigts; il n’y a rien qu’elles ne pouvaient ne pas faire pour les leurs. Leur vie était caractérisée par des sacrifices, de la compréhension et de la patience. C’est pour cette raison que nous nous inspirons toujours du caractère “mystérieux” de ces héroïnes. Elles ont été, quoiqu’on ne l’admettait pas assez, la force redoutable de la société.

*si toi aussi tu as connu ou connaît une femme comme cela, félicite-là encore aujourd’hui ou rend-lui hommage à ta façon*.

Les temps viennent et passent…les choses changent…Et oui, elles changent. La bonne question aujourd’hui est: “est-ce que les femmes/jeunes filles de la génération actuelle reflètent-elles cette image? Incarnent-elles tout ça? Elles ont beaucoup d’avantages, elles sont instruites, elles voyagent et ont beaucoup plus de connaissances…mais restent-elles ces êtres irremplaçables de la société? Avec leur mode de vie, inspirent-elles d’être célébrées?”

A mon humble avis, la femme de la génération actuelle devrait être la femme ancienne burundaise améliorée (grâce à leurs savoirs, exploiter les opportunités actuelles qui s’offrent à elles) en gardant les valeurs originales et anciennes. Elles ne devraient pas être des objets de luxe, elles ne devraient pas se rabaisser, se déshonorer ou prendre des risques afin d’arriver à des fins qui les déshonorent, etc.
Nous voulons être émancipées. Oui! Mais ça ne sera pas parce qu’on fait beaucoup de bruits pour revendiquer nos droits ou qu’on milite dans des groupements féministes! Ah non! Même si on nous accordait tous les droits du monde, ça ne resterait que des formalités vides de sens et de but. Cela ne transmettrait aucune vie, aucun honneur et aucune fierté.

Notre émancipation réside dans nos témoignages quotidiens sur “ce que nous valons pour nous-même, pour les nôtres et pour notre patrie” . Sinon arrêtons d’exiger l’impossible aux hommes s’ils doivent tout faire à notre place.

Montrons la différence jusqu’à dire, preuves à l’appui, les femmes actuelles burundaises sont des “êtres spéciaux”, ce sont des “êtres qui sont dignes d’être célébrés”! Comme ça, on n’ aura plus besoin de faire beaucoup d’efforts pour réclamer quoi que ce soit; nos amis, nos papas, nos maris ou fils réclameront dignement, à notre place, que “nous soyons honorées et célébrées”.

Soyons la solution de notre pays et du monde actuel. Oublions les mauvaises habitudes d’attendre qu’on nous offre tout ce dont on a besoin ou être des objets dépendants financièrement et moralement d’ailleurs. Tenons loin de nous l’idée de nous asseoir comme des reines en pensant que nous n’ irons pas loin sans qu’on nous prenne en charge,ou d’attendre peut-être des maris riches. Les vraies Reines marquent l’histoire. Faisons la nôtre. On dit aussi que” le meilleur chemin est celui qu’on trace soi-même”.

Levons-nous! Eh oui! Nous en sommes capables! Il n’y a rien qu’on ne puisse faire! N’attendons plus que l’argent vienne à nous; gagnons notre propre argent! Il est temps de nous battre pour notre indépendance financière! Indépendance financière j’insiste! Parce que là est le noyau de tous les problèmes. Travaillons dur pour nous offrir la vie que nous avons toujours rêvé. Personne d’autre ne le fera si bien que nous…. Exploitons nos talents et potentiels, libérons-nous des erreurs du passé, aimons-nous et offrons l’amour inconditionnel comme de vraies mères de l’humanité puis levons-nous et brillons fort comme des reines à la burundaise. Jusqu’où n’arriverait-on pas?? Pourquoi pas nous? Mais hey! ça ferait quel honneur d’offrir à son père, mari ou son frère sa voiture de rêve? D’acheter une maison familiale? etc..Surpassons-nous et surprenons-les.

Il y en a celles qui ont compris cela depuis longtemps et sont devenues des héroïnes. A notre tour nous qui restons! Mobilisons-nous, partageons ça avec nos amies, qu’on s’unisse quitte à y arriver. Chacune est de nature spéciale et peut y arriver. Courage à toutes!

Si le 08 mars a existé un jour pour une raison, il ne faudrait pas que demain la journée mondiale des femmes soit supprimée pour une autre raison. IL FAUT QU’ON TROUVE CHAQUE ANNÉE UNE RAISON DE NOUS CÉLÉBRER.

Dans l’entre temps, contentons-nous de répondre par des actions nobles à “who run the world”? Lol.

Photo par  Rosalie Colfs

IV vit et travaille à Bujumbura.