Une femme…

Baby faisons l’amour ce soir, tous deux émerger dans le noir, et passionnément allons doucement, faisons le ce soir….

… Telles sont, si je me rappelle bien les paroles d’un tube sur lequel je dansais il y déjà quelque années, un tube plein de passion, d’une sensualité qui bouille encore mon sang quand des fois je ferme les yeux et pense à nous deux…

Quoique d’apparence typique, nos fins de soirées ne le sont jamais. Certes, une routine s’est installée, mais je n’arrive jamais à prédire ce qui va se passer. Il commence par me prendre la main, pas fort, pas dominant, comme si ça se passait dans l’ordre des choses et de manière très douce. Un bisou sur la bouche, sans la langue qui elle,  arrive plus tard et annonce l’accord de nos deux corps pour une effusion de passion.

Une soirée typique veut qu’il arrive bien plus tard que moi – vous connaissez nos hommes – tous les soirs vers 20h, généralement plus fatigué que moi. Il me dit tout de même qu’entrer dans notre maison, enlever ses souliers et prendre une bonne douche le repose.

Le poignet et le baiser viennent plus tard… il est 22h. Quand on se met un film, à quelques rares exceptions le message est clair, et il s’agit là d’un accord tacite: pas de sexe ce soir.

Nous entrons dans notre deuxième année de mariage… on s’aime bien je crois. Les filles, on est parfois naïves je sais, mais je crois ne pas me tromper… ceci pourra peut-être changer, mais je peux sans me tromper affirmer qu’il m’aime aussi.

Après deux ans évidement les choses changent, surtout au lit. De la folie de la première nuit, s’est installée une valse classique qui ne risque de surprendre personne. Je sais à peu près ce qu’il fera, où il me touchera, où il s’emportera et où il se perdra… De nos escapades hors de la ville où nous faisions l’amour trois fois la journée, une moyenne de trois fois la semaine s’est installée. Je n’oserai jamais demander à mes amis, mais je crois que c’est une bonne moyenne. Evidemment il s’agit là d’une fois la semaine et deux fois le week-end.

Ce rythme me convient parfaitement, lui me dit que oui également. Je n’en suis pas très sûre et là est tout le problème.

Quand je lis sur le net, les recherches se contredisent. Certains expliquent que la passion se génère d’une idée de changement dans nos vies, et que dans le cas de l’amour, l’idée de changement ne dure jamais longtemps. Quand l’idée que j’allais me marier m’est parue concrètement (cela m’a pris tout une année pour vraiment me rendre compte que je quittais ma famille pour commencer une nouvelle vie à laquelle je n’avais jamais pensé en termes pratiques), j’étais fort amoureuse, une réelle passion que j’imagine était mélangée à de la peur. La même passion m’est revenue, quand quelques mois avant le mariage il a failli me quitter (peut-être à cause de la peur aussi de son côté – nos hommes !). Après une peur effroyable, j’étais à nouveau et plus que jamais amoureuse. Et c’est peut-être bien cela, le changement qui se jouait dans mon cœur, et je ne m’en plains pas.

Ergo, l’amour-passion doit elle donc disparaître à un moment ? Et avec elle l’appétit sexuel ?

Quand le soir nous sommes tous les deux au lit, il me semble que c’est un mélange de paresse et de doute qui bien des fois nous confisque ce délice. Oui, je tremble en écrivant ceci mais j’aime le sexe. Mais j’ai l’impression que dans notre culture, nous les femmes n’avons pas le droit d’aimer faire l’amour. Encore une conversation que je n’ai jamais osé engager. Du coup, sinon à de rares occasions (pour ne pas le frustrer, lui qui insiste que je fasse des fois le premier pas), je reste là avec lui et me laisse attendre. Je sens évidement parfois son sang qui va plus vite, et sa main qui hésite. Il m’embrasse, un doux baiser et un ça va ? Oui ça va. J’ai honte de le dire mais j’ai toujours le vague sentiment que c’est toujours un coup de chance qu’il continue et ose me prendre.

Mon envie n’a donc pas changé, mais avec une involontaire complicité notre rythme a depuis une année changé. Quoique toujours satisfaite, je m’inquiète… Cette année j’aurai un bébé.

Le sexe n’est évidement pas le premier de mes soucis cette année, mais je tiens à mon couple, et le sexe est évidement un ciment de notre mariage. Les enquêtes montrent que, durant la première année comparée au premier mois ,la fréquence des relations sexuelles avec son partenaire décline sensiblement d’au-moins la moitié. Et cette dernière (la fréquence) chute après une grossesse. J’aime croire néanmoins qu’il ne s’agit là que de sexe, que l’amour ne suit pas la même courbe.

Je ne saurai évidemment vous en dire plus, il ne s’agit là que d’une petite chronique d’une burundaise amoureuse et curieuse de voir ce que l’avenir lui réserve. En attendant de le découvrir, je souhaite une joyeuse fête à tous les amoureux. Joyeuse Saint-Valentin, beaucoup d’amour à vous!

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