Un homme…

Perdus comme des âmes errant à la recherche de l’âme sœur, tels étaient elle et moi avant de nous rencontrer. Elle à la recherche de la compréhension et du partage, moi me cherchant encore dans ma jeunesse. Je ne pouvais pas imaginer que ça serait elle qui allait faire battre mon cœur à la chamade. Aaah, que j’aime bien ces subtilités, ces expressions de cette langue de Molière. Cependant aucune langue ne peut décrire ce que je ressens pour elle. Depuis ce jour là, où j’ai croisé son regard, tout a été renaissance pour moi. Je me rappelle, la voyant surgir au loin, au milieu de ces gens qui marchent dans tous les sens pressés de partir vers leurs occupations. A ce moment, mes yeux ne voyaient qu’elle, et ses yeux qui me dévisageaient laissaient paraître les mille et une question que son cœur se posait. Depuis ce moment, j’ai senti qu’elle est celle qui me fallait, celle que je recherchais, celle que j’avais perdue, celle qu’il fallait à tout prix que je trouve.

Oooh, l’amour à la burundaise est tellement particulier. Pourtant ce sentiment est universel. Mais cet amour à la burundaise est si discret qu’il ne faut le dévoiler qu’au moment de le concrétiser par un beau mariage. Cet amour que l’on doit garder secret alors que l’on a tellement envie de le crier partout. Évidemment qu’il nous donne la voix et qu’on a envie de le proclamer partout. Mais shuuut, ça ne se passe pas comme ça chez nous !!! Ce n’est pas de chez nous de proclamer ses sentiments en public. Mais pourquoi donc ? Apparemment il faut éviter tout ce que les gens peuvent dire quand ils voient deux jeunes amoureux qui osent montrer leur affection. Il faut donc à tout prix garder cela uniquement pour les deux amoureux. Ah les mauvaises langues sont nombreuses, elles clameront toujours des choses négatives. Non non, il faut garder jalousement et secrètement cet amour car on en trouve pas deux comme ça.

La petite princesse, je ne l’ai pas oubliée, elle la reine de mon cœur. Elle, telle une amazone m’a conquis sans que je ne puisse même m’en rendre compte. Elle, incarnant la femme burundaise par excellence mais avec une ouverture d’esprit. Peut-être que je suis dans un enchantement agréable, découlant des sentiments que je ressens pour l’élue de mon cœur. Son regard me traverse de part et d’autre et me fait perdre les mots. Je ne peux imaginer un monde sans elle car elle est mon monde. C’était donc elle qui vivait sa vie bien loin de moi, et que je recherchais sans toutefois le savoir ? Elle est venue de nulle part, et ma vie n’est plus qu’un rêve désormais, un beau rêve, le genre de rêve où le désir de se réveiller un jour n’existe plus. Cette femme burundaise aragowe car son amour m’enivre, et la discrétion typique des amoureux burundais disparaît: elle a droit à une éloge particulière, c’est magique mais elle m’a changé, je ne suis plus maître de ce que je fais.

Aaah, après l’amour à la burundaise vient la discrétion : faire attention à tout ce qu’on fait même quand on est amoureux. Toujours cette discrétion qui doit rythmer notre vie de tous les jours et en passant cadencer même nos événements uniques. Cette discrétion qui veut que même le jour de leur mariage, les époux doivent garder une attitude très particulière : ces mariés qui sourient à peine alors que ce jour est censé être le plus beau de leur vie. Ndazi ko vyahindutse ubu. Cette mariée qui décide de manifester sa joie laisse toujours des réflexions dans la mémoire des invités : « Pourquoi fait-elle cela ? On dirait que c’est un jeu ! ». Yemwe bashingantahe, bapfasoni, rwaruka, ne doit elle pas manifester la joie d’être enfin avec son amour, sans devoir toujours faire attention à tout ce poids qu’elle supporte depuis tant de jours : la discrétion burundaise?? Ouh laaaa, ce jeune homme qui demande la parole le jour de la remise de dot, gukwa, imaginez les commentaires,…

La petite fleur, je pense toujours à elle, elle, la seule qui décore mon être. Je m’étais perdu dans ces pensées… Aaaah ndi umurundi pe ! Non non, j’arrête d’être umurundi ne fut ce que pour ce moment pour être libre de témoigner comment elle me fait chavirer le cœur. Elle est toujours là, en bonne amie et confidente, elle m’écoute.Elle est unique, fille de famille intègre. Elle est toute belle, en vraie mwigeme w’indero elle est toute gênée, quand on la complimente. Aaah critères z’abarundi ziragarutse. Reka tubireke… Je pense que je vais me faire tirer par les oreilles. Elle est là, à côté de toi, tu la verras sûrement, même si elle se fait toute petite. Il ne s’agit pas seulement d’elle, elles sont toutes là, ces magnifiques soleils qui illuminent vos vies. Prenez soin d’elles, dites leur ce que vous avez dans votre cœur, elles ne demandent et n’attendent que ça. Arrêtez yo kwiyumvira nk’abarundi et laissez votre cœur parler…

Niko zubakwa dans le sens positif, et non dans le sens négatif qui est le plus souvent utilisé. On aime bien le dire quand il s’agit de mariages qui tournent mal, et que abarundikazi le vivent mal, mais n’oubliez que vous, abarundi pouvez leur faire oublier toutes ces situations que ses tantes, cousines, voisines, amies,… ont vécu ou vivent au quotidien. Changez ces mots, ils deviendront positifs grâce à vous. Je dis ça, je ne dis rien, mais moi je sais que cette murundikazi est cette source d’inspiration dans la vie de tous les jours, et qu’elle est mon tout, j’ai besoin d’elle pour continuer à avancer. Je ne connaissais pas le vrai sens de ces sages paroles Niko zubakwa, il est vraiment très différent de ce que je pensais avant… J’ai trop parlé, voilà tout est dit,… ce n’était que mon éloge à la burundaise.