Par Martine Ngabirano
Photo propriété du groupe de presse Iwacu

Ça fait une semaine que je vois ce texte d’Iwacu-Burundi sur les médias sociaux. Au fait, plus exactement, j’ai vu sans me tromper la première fois, ce texte sur igihe.bi. Ainsi donc, j’ai décidé de réagir, et permettez-moi de vous avertir, avec une critique très poussée, très osée et très personnelle car en effet, les choses en sont rendues là.

Premièrement, ma critique s’adresse aux policiers : si tu es un policier et que tu me lis ou alors, si tu en connais un, sache vraiment que ça me rassurerait d’avoir ton point de vue sur la question, en me disant que tu es personnellement contre une telle attitude de tes collègues policiers. Bon ok, je ne suis qu’une jeune femme, très ignorante de toute la lourdeur que votre métier de policier exige, mais il n’en demeure pas moins que vous êtes des pères, des maris et des frères, donc par définition, ayant des filles, des épouses et des sœurs que vous respectez beaucoup. Ceci dit, pour aucune façon, éviteriez-vous de faire quelque chose qui vient rabaisser, bafouer, écraser et réduire au néant la dignité d’une femme, aussi impossible soit-elle, et que, vous feriez tout ce qui est en votre pouvoir pour l’honorer, la respecter, l’aider et la faire avancer, donc, faire valoir ainsi vos valeurs. La question est simple : cautionnez-vous une telle attitude de la part de vos collègues policiers? Si non, que faites-vous s’il vous plaît pour faire respecter la dignité des gens?

Le corps d’une femme, d’ailleurs le corps de tout être est sacré. Par définition, en venir à dénuder au corps est pareil à ukubura ukw’ukugira, être désespérée tout simplement. Maintenant, je m’adresse à une personne qui se sent responsable, mais aussi qui est responsable du marché dans lequel s’est passé cette histoire : dites, qu’avez-vous fait franchement? Laissez-moi éclairer mon point : ne voyez-vous pas que, c’est s’attirer une malédiction que d’accepter que les gens dans leur désespoir, en viennent à s’enlever les habits? Je veux dire, s’il y a une chose qui nous est tous intime, c’est notre nudité que nous voulons cacher tant bien que mal. Alors, comment est-ce que les choses peuvent manquer de résolution jusqu’à ce point? Que les gens qui aiment la corruption et qui le font sillament me lisent oui, lisez-moi : dites, ce n’est pas là umuvumo que de voir une telle situation dans notre pays? Oui parce que, disons-nous la vérité, si ces femmes ont été chassées de leur endroit, c’est parce que quelqu’un d’autre, entre autre une personne qui a “le bras long” a été capable de payer pour la même place. Uyu ni umuvumo ku gihugu no ku bana bacu, n’izina! Puuu! Nimugezaho ndasavye! Raba amarira y’abo bapfasoni, …batagipfana isoni, ariko akabonge k’umutima . Abo muri OBR, merci kuduha umuco. Mwumvireho!

Maintenant, je vais m’adresser à toute la société : rappelons-nous que toute cette histoire prend probablement son début depuis l’incendie du marché! D’abord, des femmes vendeuses ont été chassées des bords des rues, ensuite on les a obligés à aller au marché de chez Sion. Voilà qu’enfin, l’inévitable est arrivé. Ça veut dire quoi? Ça veut dire qu’on le voyait venir, consciemment ou pas. Qu’avons-nous fait? Je répète : ces femmes ont RAISON. Et dans leur douleur, elles ont MAUDIT la société en général, et ceux qui les ont confronté en particulier. Faisons très attention de tout ce qui peut sortir de la bouche d’une mère ou, d’une femme capable d’allaiter. Ça c’est une abomination, ce qu’on vient de vivre : ce n’est rien, à la différence de voir quelque lever la main sur sa mère. Il faut que ça ne se reproduise plus jamais.

Ce que je propose :

  1. Que la société, à commencer par les hautes autorités, demandent vraiment pardon à ces femmes. Il ne s’agit pas ici d’une affaire d’état mais d’une affaire de tous les états : pour annuler leur malédiction, il faut qu’on leur remette dans leur plein droit et qu’on les laisse travailler. Donc en les dédommageant.
  2. Que les députés élus fassent quand même un petit effort : voyons! Vous n’arrêtez pas de parler sur les médias de différentes intimidations dont vous êtes victimes mais, quand vient le tour de la population, personne n’est là pour les représenter. Où est votre représentativité dans ce cas?
  3. Que toute la société fasse attention : regardons les signes précurseurs avec intérêt. Là je ne parle pas de femmes, mais des jeunes. Après l’histoire des Nyakabeto, les jeunes en politique se sont rendus visibles avec l’histoire de Fidèl Nsengumukiza, et récemment l’histoire des drapeaux déchirés. Tout ça rentre dans les signes précurseurs. Il faut que ces jeunes ne restent pas désœuvrés juste dans la logique du fanatisme politique. Sinon, demain, ne nous étonnons pas de voir des gangs de rue, s’entretuant pour des causes à la politique incompréhensibles.

Excusez-moi de m’être laissée aller, mais en tant que femme, il fallait que je réagisse et très fortement. Vous devriez vous remettre en question que ça soit nous les jeunes, vos enfants, qui vous rappelions certains piliers même de notre culture : le respect de la femme. #NzopfaMvuga

Martine vit et étudie actuellement à Sherbrooke au Canada. Retrouvez-la sur son blog: zeraction.com