Par Irwin Iradukunda
Photo par Chris Schwagga

La mode à Bujumbura…est un phénomène récent et encore frais comme la rosée, car ayant vu les premières “grandes apparitions” avec l’an 2011.

En effet, l’événement tant sensible qu’était “Miss Burundi” et tumultueux, riche tant en couleurs qu’en scandales, a vu l’entrée sur la sellette de jeunes stylistes vivant au Burundi, tous genres confondus.

Avec “la suspension précoce” de l’évènement national “Miss Burundi”, des agences de mannequinats ont vu le jour (je m’excuse mais je me ferai le privilège de n’en citer aucune dans mon ébauche) dont les activités principales ont été et sont en grande partie : des défilés de mode de jeunes et resplendissants êtres, mannequins… Eh oui ! Juste une autre poignée d’élites, malgré certains d’entre nous ; d’autant plus que j’ai eu l’occasion de participer à quelques uns de ces défilés de mode…

Kiss-qui se passe ? Qui “embrasse” qui ? Qui en tire le jus ? Ben, ça reste confus pour le petit esprit qu’est le mien… je ne saurai donner de réponse(s) à ces questions.

Tout ce que je sais c’est que le monde naissant de la mode au Burundi (fort malheureusement concentré à Bujumbura) est un dragon avalant son propre corps : tout le monde se moque de tout le monde, mais personne n’excelle dans son petit monde… Et oui, aka murundi kamamwo, nta kubesha ! “All day, eerr’day” ngo niko bavuga.

Si on regarde un peu plus loin, on constate une bonne dynamique, ce qui est plutôt très bien, mais…sans structure solide. Je m’explique : des bras, de la volonté, et une bonne dose de talent, sont très présents dans une classe où le comment-on-fait-ça, qui-fait-quoi, quand-on-fait-quoi, que-va-t-on-faire-demain sont en retenue et des fois on a un on-fait-quoi sur la première rangée de cette classe de non-dits. Jeunes ! Serait-ce la raison ? Peut-être… La faute à l’environnement politico-socio-économique du Burundi ? Peut-être aussi.

Mais tout ce que je sais, c’est que le marché des affaires et de l’art au Burundi a des talents, certes mais manque de “bonnes personnes” aux “bons endroits”, il n’est pas même très rare de voir un de nos jeunes “stylistes” s’occuper en même temps de la communication d’une agence, de la création, de la comptabilité, des opérations, de la logistique, de la mise en place de stratégies, etc. Hari imashini gusa nta gufyina. Je me dis bien que si c’est ainsi c’est la faute de la mentalité très ancrée dans nos barundi du « ka mwana wa mama » (la famille, les amis, la famille, les amis, la famille, et la famille)… Asha jewe mbona umengo sisiteme ni : uwutagira iyo ava niyurire igiti hama yirire amavoka atekereze ! Quand je disais “kiss-qui-se-passe ?”…

Mbo donko rero, je voudrais juste dire que l’on peut tant bien faire ce que l’on aime, mais si on veut en faire une profession, il faut en faire une profession : de l’organisation, de la structure, de la planification, des ressources, et des résultats qualitatifs et quantitatifs mesurables…et pas de sentiments, le monde des affaires est sans sentiments…et ne tourne pas autour du “rusaku” et “utujambojambo”ngo “blâmons notre culture” ! Urakora neza nk’uko vyategerezwa hama ibisigaye bikikora, s’uko ?

Malheureusement je suis à court de clavier (yayonze n’ubushuhe bw’iyi sujet), et je voudrais encourager ceux qui commencent à faire les choses bien, continuez à aller de l’avant. Ankoro, tuzoba dusubira vuba Imana niyatuzigama tukaguma turi bazima, murakoze!

P.S : Nimba hari uwuriko arasoma bino azi ahantu barondera umuplanton, umuntu akoropa, arambwira, aho ubona barya bantu bazi twinshi kuri vyinshi 🙂

Irwin vit et étudie actuellement à Bujumbura. Suivez-le sur ruwineshoka.wordpress.com et sur Twitter: @irairwin