Par RM

“Vaut mieux se taire et passer pour un con, que de l’ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet”… une phrase que j’ai lue deux fois de suite il y a quelques semaines.

Quand je suis arrivée en France, j’écoutais deux bonnes amies discuter de vins, de liqueurs, etc. Elles sortaient des noms que j’ignorai, alors complètement ! Un nom revenait sans cesse : Tequila. A un moment, j’en ai eu marre et j’ai demandé, pour mieux suivre la conversation : “au fait, Tequila c’est qui ?”. Je vous laisse imaginer la tête de ces deux burundaises que je salue au passage ! Aurai-je dû l’ “ouvrir” ou la “fermer” ? Ma réponse est que j’ai bien fait de parler, parce que non seulement j’en ris encore mais aussi j’ai appris quelque chose que je ne suis pas prête d’oublier.

Léa ParkerUn soir au Burundi, j’avais mis un rappel pour ne pas rater la série Lea Parker. Ring ring ring !!.. Je regarde mon téléphone, les yeux alourdis de sommeil, qu’est-ce que je vois ? “Lea Parker”. Alors je me réveille, en retenant mon cœur qui faillit sortir par la gorge, je cours pour rejoindre ma sœur qui révisait, le téléphone entre mes mains tremblotantes. Hewee, Lea Parker m’appelle !! Je fais quoi, je ne suis pas prête pour parler Français, je viens juste de me réveiller !! Ooh, mon Dieu ! Ma sœur était comme qui dirait out. Puis elle me sort : non, répond ce n’est pas grave…  Avant de se ressaisir et de me dire : nibaza ko uriko urarota sha ! Ici je n’ose pas vous poser la question de savoir si j’aurai dû répondre dès que le téléphone avait commencé à sonner ou si j’ai bien fait de l’ “ouvrir” en demandant des conseils à ma sœur. Ma réponse est que j’ai bien fait, sinon mon cœur aurait pu s’arrêter.

Un autre soir, entre amis, j’avais un sujet qui me tenait à cœur mais j’avais trop peur de le soumettre au débat. La citation n’étant passée pour du beurre au près de ma conscience, cette retenue a également été influencée par d’autres proverbes comme “avant de parler il faut tourner sa langue sept fois” ou encore “ijambo rigukunze rikuguma mu nda”. Heureusement, comme pour équilibrer la balance et laisser place à la personnalité de chacun, il y a un “ikigurutse kitavuze bacita icana”.

Bonjour la pluie de témoignages et d’exemples ! En voilà un autre : la veille d’une présentation dans le cadre de mon stage, je me suis permise de demander à mon maître de stage s’il stressait également à l’idée de vendre son *** pendant plus de 30 minutes devant un auditoire que je juge pas facile ( très critique, etc.). Cette question je l’ai ravalée au moins 3 fois, à cause de la citation que j’ai mentionnée tout au début,  avant qu’elle ne sorte. Et sa réponse était “bien sûr !”. Après, umutima wanje wararuhutse. Il a même ajouté “il faut un peu de stress pour bien faire les choses”.

Je ne sais pas si je suis passée pour une c** devant lui, mais cette question m’a fait gagner du temps. Je n’ai plus culpabilisé, en me disant que je suis nulle, que je stress alors que lui ne stressait pas, que j’ai du chemin à faire, etc. Au contraire, à l’écoute de mon stress, je disais : reste là ami stress, il ne faut surtout pas que tu me quittes, j’aurai besoin de toi demain. Après, j’ai revue mon texte, me le suis approprié et tout s’est bien passé… parce que j’ai osé poser ma petite question.

Revenons au sujet du débat avec mes amis : “vous êtes attirés par les gens de quelle ethnie ?”. J’avais très peur de leur réaction. Heureusement, ils l’ont bien pris et ils ont joué le jeu. Chacun s’est exprimé, et on a beaucoup rigolé. J’ai appris pas mal de choses, et en gros, nos vies se ressemblent à quelques détails près.

Pour situer la source de ma curiosité, un jour j’écoutais la radio, on parlait des nouveaux ministres. Après chaque nom, on disait : c’est un hutu ou c’est un tutsi. J’ai laissé échapper un eh bêeh ! Donc l’ethnie n’est plus aussi tabou ? Du coup, comme il arrive qu’on parle, de j’aimerai un homme ou une femme qui est comme ceci ou comme cela, le genre de discussion où on s’invente une vie, parce que on sait très bien qu’on vise tous la lune, mais qu’il y a de fortes chances que les choses se passent autrement. Qu’importe ! Il faut viser la lune pour retomber dans les étoiles… J’ai donc  pris mon courage à deux mains parce que, comme j’aime voyager le temps d’une discussion dans la vie des autres, je voulais savoir si mes ami(e)s considéraient l’ethnie comme un critère …. Comment dirai-je, vous voyez un peu comme les doigts chez certains, l’âge chez d’autres, le sourire chez la plupart. Aucune réponse n’était bonne ni mauvaise ; on discutait c’est tout.

Bref… j’ai étais surprise de voir qu’on pouvait en parler. Attention !! Cela ne veut pas dire qu’on peut en parler avec tout le monde ! Une telle discussion nécessite une certaine ouverture d’esprit (à mon avis), la cicatrisation de certaines blessures, et la BIENVEILLANCE des gens avec lesquels on discute. Je sais, pour certains c’est un sujet très délicat, mais pour d’autres c’est un peu comme parler du beau temps, ça ne leur fait ni chaud ni froid. C’est un détail parmi tant d’autres, et aucune ethnie n’est supérieure à l’autre. Seule la personne compte….Un peu comme le fait que les hommes ne sont pas supérieurs (ou égaux) aux  femmes, ni l’inverse d’ailleurs. On cherche tous à survivre ; on survit jusqu’à présent. Mais pour combien de temps? Au fond, on travaille (je pense) pour avoir l’assurance d’avoir quelques graines de riz à manger, et Dieu seul sait combien il est inutile de s’entre-tuer ou de se mépriser les uns les autres juste pour ça! Parce qu’Il nous connaît et Il nous donnera tous notre pain quotidien jusqu’à … On devrait épargner aux enfants qui naissent maintenant, les histoires qui, selon moi, commencent à pourr**. Sinon, ce serait les intoxiquer en croyant les préparer à la vie. Bref …!

Je ne suis pas en train de dire que je dis tout ce qui me passe par la tête; ou que je suis contre la citation qui a introduite ce texte. Pas du tout ! Certes, il faut réfléchir avant de parler mais en tant qu’auditeur, il faut que nous sachions que nous sommes différents. On ne peut pas tous penser de la même façon. Il faut donc être très très lent à étiqueter les personnes comme étant cons ou connes selon leurs propos. Il faut juste se dire qu’ils réfléchissent autrement, et ouvrir un débat bienveillant.

Il faut écouter  avec bienveillance. Il y a une phrase qui m’a été dite quand j’étais en terminale par un de mes encadreurs (qui me complimentait d’habitude), parce que j’avais mis du temps à entrer dans la salle d’examens *révisions de dernières minutes obligent* ! … “Et tu vas encore nous raconter tes salades au drapeau !!”. Le même qui, quelques mois auparavant avait dit devant tous les élèves le “au moins, je suis sûr qu’il y aura un élève qui comprendra la question de l’épreuve de Français à l’Examen d’Etat” était entrain de me dire qui je ne fais que raconter des salades au drapeau. I was like !?! Si je n’avais pas été bienveillante (d’ailleurs, en partie grâce à la même personne, qui m’a appris beaucoup de bonnes choses sur la vie), et réaliser qu’il parlait sous l’effet de la colère, et qu’il a le droit d’être maladroit comme tout le monde, j’allais courir les rues en pleurant parce que ****. Pareille, quand vous rencontrerez Joyce Meyer en pleine déprime ou en pleine crise de jalousie pour une raison ou pour une autre, au lieu de publier que malgré ses bonnes paroles, elle fait des choses pas bien… utilisez ce que vous aurez appris d’elle pour l’aider à s’en sortir. Quand la bienveillance aura quitté ma conscience, parlez-moi d’elle, pour que je la retrouve. Umuntu agirwa n’uyundi.

Ceci dit, il y a des personnes qui feraient mieux de garder leurs commentaires plus que d’autres. Les commentaires sur certains sites d’infos burundais me dépassent souvent. Heureusement, j’ai compris que ça n’arrivait pas seulement aux burundais. Parce que même sur les petits articles de Yahoo!, j’ai eu le malheur de lire des commentaires très déplacés. J’ai compris que nous avons cette fâcheuse manie de vouloir que tout le monde pense comme on le souhaite. A ça je réponds qu’on n’a pas était faits dans le même moule. Apprenons à être bienveillants les uns envers les autres, à nous exprimer librement et poliment. Hari igihe nsoma ibintu nkibaza ko hari consigne ntafise.., nkayoberwa ko bari mw i higanwa ryo kwibukanya ko dushobora kwigenza nk’impene zo mu ci.

Il y a des personnes qui aimeraient donner des conseils même à leurs propres sœurs ou frères mais qui n’osent pas le faire parce qu’ils ont peur d’être étiqueter. Parce qu’ils ont peur de changer d’avis et d’être méprisés parce qu’ils auront changé leur façon de voir les choses. Je les encourage à dépasser cette peur. Le “truc” c’est d’être convaincu de la bienveillance de ses paroles. De toutes les façons, tout est dynamique, tout change sauf la Parole et l’Amour de Dieu. Je ne suis plus la fille que j’étais hier avant d’avoir appris je ne sais plus quoi. Du coup, rien de plus simple que de revoir ou de me repositionner face à certains sujets. Un jour, quand Nabilla oubliera d’acheter son shampoing, elle comprendra que finalement, on peut être une fille et ne pas en avoir un… Elle se recevra elle-même.

Pour finir, voici un autre sujet  qui me taraude  l’esprit. “Les sites de rencontre ou bar_célibataires au Burundi”  comme l’a bien dit un de mes amis… Je réfléchis toujours, j’essais de voir si c’est bien d’en parler ou pas. Vos avis et suggestions sont les bienvenus.

D’ores et déjà, pour le cas de la France, je pense que meetic en fait trop avec la pub sur Yahoo! … ça me dérange. Par contre, j’aime bien sa pub qui passe à la télé. Pour edarling, je trouve que ça fait trop “faux jeu”. Adopte un mec.com je dis hmmm… c’est un peu brutal comme nom. La liste est très longue !  Et, ils survivent tous ! Ils ont leurs clientèles, il y a des personnes qui se rencontrent, ils font des heureux, c’est l’essentiel. Mais pour le Burundi, je vois quelque chose d’autre. Avant il y avait les “abaranzi” ça fonctionne toujours mais pas comme je souhaite… maintenant il y a “nomukura he ?”. Ibintu birahinduka

Je pense qu’à nos enfants, il ne suffira plus de dire: fais pas ci pour qu’ils nous obéissent. Il faudra argumenter et donner des exemples. Sinon, et je les comprend dans une certaine mesure, ils expérimenteront eux-mêmes. [introduction du texte sur les sites de rencontre ?!?]

Bien à vous

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