Par Irwin Iradukunda

26/06/2013. Cet après midi, sur le Boulevard de l’Uprona, une des artères principales de Bujumbura, en piéton je passais. Quand soudainement j’ai vu au loin un groupe d’une dizaine d’agents de la Police de Sécurité Routière. Ils étaient tous en uniforme et bien assortis, quand tout à coup des sifflets ont retenti. Je pensais en premier lieu que c’était une personnalité qui passait comme ils se plaisent tant à « rouler »…mais non ! C’était un contrôle policier qui se déversait sur la route comme une vague dévastatrice aux dépens des conducteurs qui ne sont pas en règle avec les papiers de roulage.

Ainsi, épris de cette soudaine apparition policière, abasourdi, ne sachant que dire, j’ai laissé parler mon appareil photo, qui à mon grand étonnement, m’a montré quatre policiers arrêtant pour contrôle une moto d’un particulier ! Voyez vous-même.

Policiers arrêtant une moto

Mon premier constat : Les quatre policiers se sont mis en pleine route pour arrêter les véhicules. Est-ce que c’est la procédure en cours au Burundi ? Ou bien j’ai précédemment vu à maintes reprises des policiers qui se mettent sur le bas de la route pour arrêter les véhicules pour contrôle ? La procédure a-t-elle changé ? Les agents de la Police de Sécurité Routière ne sont-ils pas des humains comme moi, et ne craignent-ils pas de se faire renverser ? Qu’en est-il des précautions de sécurité ?

Mon deuxième constat : Les quatre policiers en question, ne portaient pas de badges d’identification. Maintenant la Police de Sécurité Routière a des agents anonymes ? Qu’en est-il des cas de bavure policière, autant se blâmer soi-même si on est lésé?

Mon troisième constat : La moto que les quatre policiers ont arrêtée se tenait  juste à l’espace réservé aux piétons pour traverser la route. A quoi sert cet espace pour piétons ? Pour arrêter les véhicules ou pour que nous les autres piétons on traverse la route ? La Police de Sécurité Routière a trouvé qu’il fallait tracer des lignes blanches pour embellir le macadam ? Ce constat a réveillé une autre question existentielle : rares sont les conducteurs des véhicules à Bujumbura qui respectent l’espace piéton. Serait-ce trop demander d’arrêter sa voiture pendant 30 secondes pour qu’un pauvre piéton passe ? Peut être que pour gagner sa vie, il doit joindre les deux bouts du Centre-ville de Bujumbura à pied ; n’ayant pas été privilégié comme vous autres conducteurs de véhicules d’en avoir un à sa disposition…avec le souci de respecter le temps lui imparti.

Mon quatrième et dernier constat : Qu’en est-il de ces conducteurs qui se garent dans des espaces interdits ? La faute à qui ? Aux conducteurs de véhicules qui ne respectent pas ces espaces ? A l’Etat burundais qui n’a pas su aménager les routes en raison du trafic existant à Bujumbura ? Aux tenants des services, commerces, restaurants, cafés, boites de nuit qui tous n’ont pas su aménager des espaces de stationnement pour leur clientèle ?

Enfin, je termine par un simple mot : les yeux sont partout…et les consciences se réveillent, hier tous ces petits détails passaient inaperçus, mais aujourd’hui c’est délicat. Aujourd’hui c’est la Police de Sécurité Routière, demain…qui sait, ça sera vous. Le plaisir me sera accordé d’ouvrir une vitrine vous étant consacrée J

A très prochainement, tuzoba dusubira !

Irwin vit et travaille au Burundi. Suivez-le sur Twitter: @irairwin